Après avoir lu l’article Tout le monde sait qu’iTunes n’est pas interopérable, du Lundi 16 octobre 2006, à 10H16 (+0200 GMT) par Guillaume Champeau, je me suis dit qu’il y en a encore qui s’énervent parce qu’Apple persiste et signe. On ne peut définitivement jouer sur des I-Pod que des morceaux achetés et téléchargés à partir de ITunes! Et ça n’est pas près de changer. Ils ne sont pas fous. Sans ça leur business modèle ne tiendrait plus la route.
Cela s’appelle une fonction de verrou. Je m’installe là où les gens veulent passer et je leur demande de me payer un droit de passage. Quelqu’un ne veut pas payer, je ferme… le verrou. C’est très pratique, il suffit de veiller à sécuriser le verrou, à fidéliser le public et à ce qu’aucun petit malin n’aille faire ce que je fais à mes depens. Si, en plus, j’ai une situation de monopole, je peux demander le prix que je veux et c’est le BANCO assuré. Des tas d’industries pratiquent cela, en toute légalité.
Quelques exemples?
- les banques entre vous et votre argent,
- les sociétés de distibition d’électricité, de gaz et d’eau entre les sources d’approvisionnement et le public
- les éditeurs entre les auteurs et leur public,
- les sociétés de télécommunications et de réseaux entre les utilisateurs-spectateurs et les contenus
- l’Etat entre les citoyens et leur pays,
- …
La liste est loin d’être exhaustive, mais le prix est toujours le même – exorbitant, démesuré, aucunement en rapport avec la vraie valeur des choses, si toutefois l’on la considère en termes de coûts de production. On peut réfuter que certains verrous sont plus nécessaires que d’autres. Comment ferait-on sans instrument étatique en bon état de marche pour garantir nos démocraties? Il est juste que cela ait un prix (quoique point trop n’en faut – diront certains).
La viabilité d’un business se mesure selon d’autres critères d’efficacité. Pour assurer le revenu des actionnaires, il faut maintenir des rentrées financières au plus haut tout en canalisant les dépenses vers un minimum. Dans ce cas, une fonction de verrou sur un bien ou un service indispensable, mais rare est une chose bien utile. Et quand c’est le choix du consommateur, tant pis pour ceux qui payent, et tant mieux si ça dure.
Mais, peut-être a-t-on (encore) le choix. Je vis très bien sans succomber au chant de sirènes d’Apple. Ce verrou-là ne m’est pas indispensable. Après tout, j’ai internet, ma radio et ma bonne vieille télé… avec ses contenus encore à peu près gratuits. La question est de savoir jusqu’à quand cela va pouvoir durer. Il y a des choses tellement plus indispensables que d’autres.




1 response so far ↓
Steph // October 18, 2006 at 6:22 am
Petite rectification: pas besoin d’avoir acheté les morceaux pour pouvoir les jouer sur l’iPod; il suffit de les avoir importés à partir de ses CDs, via iTunes évidemment